PhiléACT

Ce que nous fîmes de bon, de bien, de b... heu... bref !

Teatro em Fogo :

Dans Lisbonne qui pleure sur le Tego, il y eut entre 2007 et 2008, un atelier de Poésie de Rue en "partenariat" avec le service culturel de la Mairie.

Touché par un jeune accordéoniste crapoudou dans le métro, bouleversé par un aprés-midi à jouer dans les dédales d'Alfama avec un enfant et le soleil, saisi par la précarité qui faisait partie du "pay-sage" ; Philéas a trouvé le coeur des rues lispoètes et fait le rêve de changer le regard que pose le commun des mortels sur ce qu'ils appellent la "misère".

Sonia voulait danser, Margarida voulait chanter, Vitorino voulait se maîtriser, Rui, Alex, René, et leur fakir tout feu tout flamme voulaient rire. Tous voulaient Ëtre. Ils avaient des mots au goût de pavés à lancer sans modération contre les barricades de la banalité et de l'ignorance. Il n'était pas question de les sortir de la rue, juste de leur offrir le droit d'être beaux et grands et fiers.

Aujourd'hui, s'ils sont en vie, le feu-follet poétique que nous avons allumé continue de bouleverser le quotidien, emplissant leur estomac et l'air de la ville blanche, les gens passent toujours mais eux, les SDF, enrichissent le paysage.

Demain Commence Aujourd'hui :

En 2008-2009, certains au Lycée la Colinière de Nantes avaient la soif de rêvolution. C'est ainsi que naquit Demain Commençait Hier, le livre d'une année de Poésie.

Un petit atelier de plus :
Demain commençait hier
Et c'était gratuit.

Le vrai patientait
Il lui fallait des justes
Des esprits éclairés, des êtres éveillés.

On s'est entendu, les idées ont fusé.
Qui aurait cru en ces 15 lycéens désabusés ?
En leur ressenti, leur liberté, leur courage ?

Pour écrire les temps qu'on fait,
L'enfance qui attend d'éclore.
S'épanouir. Pourquoi ? Comment ?

Ce qu'on ne sait dire se tait.
Ce qu'on ne veux dire se sait.
Certains peuvent, certains sentent...

La Poésie est un banquet
Et l'on est seul responsable
De cette vie à croquer...

Le But du Je(u) :

... On entend souvent que la poésie est incompréhensible, la vie aussi. C'est d'ailleurs parce qu'il ne comprend pas, que le poète s'interroge et ce n'est qu'à cette condition que le sens apparaît, avec les phrases dans l'alambic que ne peut cesser d'être l'âme humaine... [2009-2010, les colinièriens exposent, Philéas compose...Texte en téléchargement libre...]

J'ai visité le pays secret où vont les enfants quand ils sont perdus.
Et j'ai entendu la voix qui les y emportaient.



Elle disait:

"Ils préparent leur fric, leurs arnaques et l'enfer
Prépare-toi, à la conquête du système solaire "

Elle disait :

"Soit intime avec toi-même
Ne t'habitue pas, étonne toi
De tout ce qui existe et n'a pas de nom
De tout ce que tu vois dénué de sens".

Elle disait :

"Le monde n'est pas une évidence.
L'existence attend que chacun change.
Nous sommes tout à la fois,
Enfants et âmes des oiseaux
Poètes et papillons aux ailes d'encres."

Elle disait :

"Le sens dont tous nous avons besoin
Il est là, regarde, regarde bien,
Dans la rue sur les visages,
Auprès des arrêts de bus
Ou des arbres vampirisés inclinés sur leur ombre."

Philéas


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